Amazon, c’est le monde « d’avant », trouvons les voies d’un autre monde écologique et social

Le confinement lié à la crise du Covid19 jette une lumière crue sur les pratiques scandaleuses d’Amazon tant d’un point de vue social qu’écologique. L’entreprise est déjà emblématique de l’impunité fiscale, sociale et écologiquedes multinationales.

Fermer les sites Amazon

Mais, pendant le confinement, elle n’hésite pas à recruter massivement des intérimaires pour surfer sur l’explosion du e-commerce. " En France, durant la semaine du 2 au 8 mars, la croissance des ventes en ligne a été quatre fois supérieure à celle des commerces physiques, pourtant pris d’assaut " écrit Jean-Baptiste Malet [1]

Amazon minimise les mesures permettant de préserver la santé de ses personnels et d’éviter de les transformer en agents de propagation du virus : peu de masques ou de gants et de gel hydroalcoolique, impossibilité de respecter les mesures de distanciation sociale. Et quand les salariés veulent exercer légitimement leur droit de retrait, elle les sanctionnent par des retenues sur salaire. Du fait de la mobilisation des salariés par des débrayages ou l’exercice du droit de retrait, et du scandale qui émerge, [ Bruno Le Maire reproche au géant du e-commerce d’exercer des pressions « inacceptables » sur ses salariés ], Amazon a annoncé prendre des mesures de restriction des commandes " non-prioritaires ". De fait, ces mesures ne sont manifestement pas mises en œuvre par Amazon. Les salariés continuent de préparer des commandes qui ne semblent pas prioritaires : « On voit des ballons de foot, des consoles de jeu vidéo, de l’engrais pour gazon… et pas plus de riz ou de pâtes qu’avant » déclare Julien Vincent, délégué central CFDT. Il poursuit en indiquant qu’ « Amazon continue de privilégier ses ventes au détriment de la santé des ses employés. Chaque jour, il y a des milliers de contacts entre employés dans les entrepôts, c’est incohérent avec le fait de demander au reste des salariés de rester chez eux pour éviter la propagation du coronavirus ». « Sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire), on est spécialisés dans les chaussures et les vêtements ! », indique M. Antoine Delorme, délégué CGT."

Cette crise met aussi en évidence l’inanité du modèle d’Amazon qui repose sur des livreurs souvent micro-entrepreneurs confrontés dans la période au choix de continuer à travailler au mépris de leur santé ou d’arrêter leur activité et de ne bénéficier d’aucune protection sociale.

En période de crise sanitaire mondiale, Amazon poursuit et même développe son activité (par le recrutement massif d’intérimaires) comme aux meilleures périodes du Black Friday ou autre Prime Days : " business at usual ". "Amazon ne prend aucune précaution sur le site. Du vestiaire à la pointeuse, en passant par les postes de travail, tout le monde y est agglutiné" dit une intérimaire française ayant travaillé en équipe de nuit sur le site de Lauwin-Planque (Nord) . Non contente, de continuer sur un modèle consumériste, qui entraîne des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre considérables, de ne pas payer ses impôts, de maltraiter ses salariés, Amazon les met dorénavant en danger ainsi que tout leur entourage, représentant ainsi un facteur de propagation du virus scandaleux à l’heure du confinement. "Inspecteur du travail chargé du suivi de l’entrepôt de Sevrey, M. Sébastien Deplanche, quant à lui, a recommandé le « confinement des salariés, même sans cas avéré de Covid-19 »." Une seule solution est réaliste : la fermeture des entrepôts d’Amazon pendant cette crise sanitaire. Cette fermeture doit s’accompagner du maintien de la rémunération des salariés et l’interdiction de leur licenciement.

Mais, il nous faut aller plus loin et réfléchir et agir pour l’après-confinement.

Cette crise sanitaire met en évidence l’impossibilité et l’inutilité de la poursuite d’une consommation effrénée de produits majoritairement en plastique fabriqués en Asie du Sud-Est (Chine, Vietnam,...), qui génère des transports de marchandises considérables, et vendus à des prix écrasant la concurrence grâce à l’exploitation éhontée des personnels.

Cette consommation nous place dans une spirale infernale : elle repose sur une exploitation de la nature qui provoque d’immenses dégâts à notre planète et ses habitants : pollutions de l’air, des eaux, extinction massive de la biodiversité, réchauffement climatique, problèmes de santé induits,... qui, en retour, nous plonge dans des catastrophes de plus en plus fréquentes et violentes : incendies monstrueux, inondations, pandémies récurrentes,... En effet, l’actuelle pandémie pourrait notamment résulter de la déforestation massive en Chine qui rapproche les animaux sauvages des zones habitées.

Pour sortir de cette spirale infernale, il faut rebondir sur ces circonstances dramatiques pour engager une rupture écologique et sociale avec le monde d’avant.

Cette crise doit nous conduire à réfléchir sur notre consommation, ses modalités et leurs conséquences sur notre planète. Elle doit permettre d’engager les reconversions des secteurs mis à l’arrêt ou ralentis par la crise sanitaire : transport aérien, secteur automobile, productions d’énergies fossiles et nucléaire, avec des plans de formation massifs de leurs salariés.

Une autre consommation est possible

Elle pourrait reposer sur une sobriété qui tient compte des limites de notre monde mais ne nous ramène pas au "temps de la bougie ", sur des produits ou fabrications locaux ou régionaux, produits par des personnes correctement rémunérées et répartis sur le territoire plutôt qu’entassés dans des entrepôts gigantesques.

Ces produits ou fabrications pourraient être distribués dans des circuits courts : pour les produits agricoles - marchés, magasins de producteurs, AMAP - et dans des commerces de proximité pour les fabrications diverses : commerces de centre-villes, librairies, petites surfaces réparties sur le territoire. Le modèle des AMAP démontre en ces temps de pandémie, sa robustesse : il permet le maintien de livraisons de produits frais toutes les semaines par les producteurs à leurs consommateurs dans des lieux où sont respectés les gestes barrière et les mesures de distanciation sociale.

Ce changement de voie nécessite que chacun dispose des moyens de cette consommation au juste prix et un changement de modèle économique qui met un terme aux inégalités criantes de notre monde.

Cet autre monde peut se passer d’Amazon et des autres géants de l’e-commerce. Nous devons continuer à nous opposer par tous les moyens disponibles à tous les projets de nouvelles constructions d’entrepôts Amazon.


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