Témoignages

Jour après jours, nous allons compiler ici les témoignages que nous recevons.

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Sawsan, librairie ZENOBI à Malakoff

Bonjour,

Il y a 2 ans, j’ai choisi d’ouvrir une petite librairie spécialisée (vraiment petite, moins de 30m2 de surface de vente) au sud de Paris, à Malakoff, sur les villes, leur évolution et leurs enjeux autant physique que sociale, politique, économique et symbolique. Mon désir était de faire de cette librairie un lieu pour se rencontrer, même en se serrant, pour parler des luttes et des gens qui y vivent, du sens du territoire, d’amour et de fraternité. Certains ont trouvé l’idée absurde, me prédisant de ne pas tenir plus d’une année « car c’était de la folie d’ouvrir une telle librairie hors du centre de Paris ».

Pourtant, dans ma ville de banlieue modeste et géniale, la librairie entame sa troisième année d’existence et mes clients sont formidables. Elles et ils m’expriment leur solidarité tous les jours, chacune et chacun à sa manière.

Oui ça reste fragile mais le livre et la lecture sont un des moyens de continuer à construire ensemble nos rêves et nos désirs, tout le contraire d’Amazon et son monde !

Je signe, je partage et je diffuse votre appel sur les réseaux sociaux.

Merci

Sawsan
Gérante de ZENOBI, la librairie des villes à vivre


Léo, librairie La Zone du Dehors

Alors qu’est-ce que je pense d’Amazon ?

Cette pensée n’est pas la mienne au départ, mais comme je ne sais plus dire d’où je la tiens, voici ma version, recomposée.

Les conditions de travail, le gaspillage, la surproduction, sur-commercialisation, sur-destruction des invendus, la non-participation à tout programme de redistribution des biens non vendus, le mépris des lois, des taxes, de la culture, voici tout ce qui fonde le monde que propose Amazon. Leur réussite est pourtant sans équivoque, elle a même du sens parfois, lorsque l’on voit des localités éloignées des centre ville et des lieux culturels, qui peuvent dorénavant se voir livrer des textes, de la musique ou des films. Pourtant, en dehors de ces exceptions, et malgré la réussite affichée, Amazon est déjà une défaite.

Je suis libraire, et lorsque je fais mon métier, je l’ai vu, je gagne chaque fois contre « Le Grand A ». Je le fais sans me battre, je le fais de la manière la plus naturelle du monde, en proposant mes livres. Et ma victoire je la dois à ce qui fait la faiblesse du géant du net : l’absence de la majorité des livres existants, à savoir ceux que l’on ne connait pas. Soyons plus précis une seconde : il s’agit en réalité des livres dont on n’a pas connaissance de ne pas les connaitre. Cette phrase redondante a pourtant un sens profond. Sur Amazon, je vais aller chercher des textes que j’ai envie de lire, des texte dont j’ai entendu parler, ou parce que j’ai suivi les suggestions automatisées, réalisées en fonction des statistiques de vente, en dessous de mon dernier achat. Je n’ai finalement pas le choix, je dois connaitre mon produit avant de l’acheter, je dois rester enfermé dans mes propres goût. On a établi, contre mon gré, une fiche client qui indique à un robot ce qui devra me plaire et ce qui ne m’intéressera pas.

Comment se retrouver perdant face à un si pauvre adversaire ?

Je suis libraire et à chaque personne qui rentre dans ma boutique, je peux conseiller un livre qui, jusqu’ici n’avait pas croisé son chemin, celui qui parlera directement à son cœur, à son vécu, celui qui, il le pensait sincèrement, ne pouvait pas exister. Et pour cela je n’ai pas besoin de logiciel, de pouvoir divinatoire ou d’études en psychologie poussées, je n’ai qu’à me laisser porter par la passion que j’ai pour la littérature, je n’ai qu’à chercher en moi, parmi les sentiments que les textes ont enveloppé autour de moi, et avec un brin d’empathie et d’honnêteté, comme Cyrano, je fais mouche, et à la fin de l’envoi, je touche !

Que peux la grande machine contre moi ? Rien. Rien du tout.

Alors on peut tout à fait rejoindre un mouvement pour dire #StopAmazon, il est judicieux de répandre la nouvelle à chacun, mais la nouvelle en question, si vous voulez bien me croire, c’est qu’il est déjà faible et moribond.

Léo Noël
Librairie La Zone du Dehors


La librairie Entre-Temps à Liege

Avec l’appel Stop Amazon en vitrine...


Maxime, Le Roy Lire, la Librairie du Médiéval à Provins

Bonjour,

J’ai ma petite librairie médiévale dans le sept/sept, niché dans un caveau du 13ème siècle, mon lieu (assez unique avec un contenant/contenu original) est à des milliers d’années lumières de tout ce que représente amazon, livre c’est vivre.

Il y a un déni d’existence, un déni d’humanité dans amazon, enfin je sais pas comment on peut faire confiance à un type qui se construit une soucoupe pour aller sur la Lune ?

Je me dit c’est quand même con la vie, j’ai ma jolie petite librairie atypique, singulière, humaine mais non les gens continuent de commander sur amazon, alors qu’il y a plein d’autres vecteurs d’achats sains (la librairie, place des libraires, les librairies physiques avec des vrais gens dedans qui lisent des livres et qui même mieux : conseillent !)

Merci d’éveiller les consciences, je suis à 8000% avec vous. Si de quelques manières, je peux aider, j’en serai de tout cœur ravi !

Super cordialement

Maxime, gérant du Roy Lire, la librairie du Médiéval

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Le Roy Lire, La Librairie du Médiéval
« Timeo hominem unius libri »
9 rue de Jouy
77160 Provins


Librairie Au Temps Retrouvé à Villard-De-Lans